Face à la hausse ressentie du coût de la mobilité, les automobilistes européens ne se contentent plus d’exprimer leur inquiétude : ils adaptent déjà leurs habitudes. Réduction des déplacements non essentiels, recours accru à la marche ou au vélo, report d’un changement de voiture ou de certaines réparations… Le sondage OpinionWay pour AramisAuto, mené auprès de 7 036 automobilistes dans sept pays européens, montre comment les contraintes financières influencent concrètement les choix de mobilité.

À retenir

  • 95 % des automobilistes interrogés estiment que se déplacer coûte de plus en plus cher.
  • 64 % déclarent avoir réduit récemment leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.
  • 54 % utilisent davantage la marche, le vélo ou d’autres mobilités douces.
  • 38 % ont renoncé à changer de voiture.
  • 30 % ont reporté des entretiens ou réparations non urgents.

Le coût des déplacements pèse désormais sur les choix de mobilité

Le sentiment de hausse du coût de la mobilité est quasiment généralisé. Dans le sondage OpinionWay pour AramisAuto, 95 % des 7 036 automobilistes interrogés dans sept pays européens déclarent être d’accord avec l’idée que se déplacer coûte de plus en plus cher (page 14 du PDF).

Cette préoccupation ne concerne pas seulement les dépenses actuelles. 95 % des répondants estiment également que les tensions internationales auront un impact durable sur le prix du carburant (page 14 du PDF).

Dans le même temps, la voiture reste difficile à remplacer pour une grande partie de la population étudiée. 88 % des automobilistes interrogés affirment qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture (page 14 du PDF).

Cette dépendance se confronte pourtant à une perception de plus en plus restrictive du coût de possession : 80 % considèrent que posséder une voiture individuelle est devenu un luxe (page 14 du PDF).

88 % des automobilistes interrogés disent ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture, alors que 80 % considèrent désormais la voiture individuelle comme un luxe (page 14 du PDF).

Les automobilistes commencent par réduire les déplacements jugés non essentiels

La principale adaptation déclarée concerne directement la fréquence des trajets. 64 % des automobilistes interrogés indiquent avoir récemment réduit leurs déplacements non essentiels en raison de contraintes financières (page 32 du PDF).

Cette proportion varie selon les pays. Elle atteint 76 % en France, contre 68 % en Italie, 65 % en Allemagne, 64 % au Royaume-Uni, 62 % en Autriche, 60 % en Espagne et 51 % en Belgique (page 32 du PDF).

Le sondage ne précise pas quels types de trajets sont systématiquement classés comme « non essentiels » par les répondants. Il ne mesure pas non plus le nombre de kilomètres supprimés. Il faut donc lire ce résultat comme une déclaration de changement de comportement, et non comme une mesure directe de la baisse du trafic automobile.

La France est le pays où cette réduction est la plus fréquente

Parmi les sept marchés étudiés, la France se distingue nettement. Plus de trois automobilistes français sur quatre déclarent avoir réduit la fréquence de leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.

Dans l’échantillon français de 1 000 automobilistes, cette pratique concerne 76 % des répondants (pages 32 et 33 du PDF). Le phénomène apparaît donc plus marqué en France que dans l’ensemble de l’échantillon européen.

Marche, vélo et transports collectifs gagnent du terrain

Face aux contraintes financières, une partie des automobilistes ne supprime pas seulement certains trajets : elle modifie aussi la manière de se déplacer.

54 % des répondants déclarent utiliser davantage les mobilités douces, comme la marche ou le vélo. 36 % utilisent davantage les transports en commun et 13 % déclarent avoir opté pour le covoiturage (page 32 du PDF).

Plus d’un automobiliste sur deux interrogé dans l’étude déclare recourir davantage à la marche, au vélo ou à d’autres mobilités douces en raison de contraintes financières (page 32 du PDF).

Les écarts entre pays restent toutefois importants. L’usage accru des transports en commun atteint par exemple 53 % en Espagne et 44 % au Royaume-Uni, contre 26 % en Italie (page 32 du PDF).

Le covoiturage est moins souvent cité. Il concerne 19 % des automobilistes interrogés en France et en Espagne, mais seulement 5 % en Italie (page 32 du PDF).

L’étude permet d’observer ces différences de pratiques, mais elle ne mesure pas les raisons précises qui expliquent l’écart entre marche, transports collectifs et covoiturage. Il serait donc excessif de l’attribuer uniquement au prix, à l’offre disponible ou à la facilité d’organisation.

Les contraintes financières retardent aussi certaines dépenses automobiles

Le coût de la mobilité agit également sur les décisions liées au véhicule lui-même. 38 % des automobilistes interrogés déclarent avoir renoncé à changer de voiture pour des raisons financières (page 32 du PDF).

Par ailleurs, 30 % indiquent avoir décalé des entretiens ou des réparations non urgents (page 32 du PDF).

En France, ces proportions atteignent respectivement 44 % pour le renoncement à changer de voiture et 34 % pour le report d’entretiens ou de réparations non urgents (page 33 du PDF).

À noter : le questionnaire parle précisément d’entretiens et de réparations « non urgents ». L’étude ne mesure pas les éventuelles conséquences de ces reports sur l’état mécanique, la fiabilité ou la sécurité des véhicules.

Changer de motorisation reste une réponse moins fréquente

Les stratégies impliquant directement le remplacement ou la transformation du véhicule concernent une part plus limitée des répondants.

21 % des automobilistes interrogés déclarent avoir adopté une motorisation plus écologique, électrique ou hybride. 15 % disent avoir changé de voiture et 14 % avoir choisi une motorisation présentée dans le questionnaire comme plus économique, par exemple le gaz naturel ou le bioéthanol (page 32 du PDF).

Ces résultats suggèrent que, face aux contraintes financières, les adaptations les plus fréquentes concernent d’abord les usages quotidiens : rouler moins, marcher davantage ou utiliser d’autres modes de déplacement. Le remplacement du véhicule apparaît moins souvent cité.

Le prix du carburant suscite une forte attente d’intervention publique

Le poids du coût de la mobilité se retrouve également dans les attentes exprimées envers les pouvoirs publics. 92 % des automobilistes interrogés se disent favorables à la mise en place d’un bouclier tarifaire dans leur pays afin de limiter la hausse du prix du carburant (page 47 du PDF).

Cette adhésion est majoritaire dans chacun des sept pays couverts par l’étude : elle atteint 93 % en France, 92 % au Royaume-Uni, 91 % en Allemagne, 91 % en Autriche, 90 % en Belgique, 96 % en Italie et 91 % en Espagne (page 47 du PDF).

L’enquête mesure ici un niveau d’adhésion à une proposition. Elle n’évalue ni le coût d’un tel dispositif ni son efficacité économique potentielle.

Comment l’étude OpinionWay pour AramisAuto a-t-elle été réalisée ?

Le sondage OpinionWay pour AramisAuto a été réalisé auprès de 7 036 automobilistes issus d’un échantillon de 9 000 personnes réparties entre sept pays européens : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Italie et l’Espagne (page 3 du PDF).

Les échantillons nationaux comptaient 1 000 personnes en France, 1 000 au Royaume-Uni, 1 021 en Allemagne, 1 014 en Autriche, 1 001 en Belgique, 1 000 en Italie et 1 000 en Espagne.

Les échantillons ont été constitués selon la méthode des quotas, à partir de critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle ou de niveau de revenus, de région de résidence et de catégorie d’agglomération (page 3 du PDF).

Les répondants ont été interrogés grâce à un questionnaire auto-administré en ligne selon la méthode CAWI. Les interviews ont été réalisées du 14 au 23 avril 2026 (page 3 du PDF).

OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et règles de la norme ISO 20252. Le rapport mentionne des marges d’incertitude comprises entre 0,5 et 1,2 point au plus pour un échantillon d’environ 7 000 répondants et entre 1,4 et 3,1 points au plus pour un échantillon de 1 000 répondants (page 3 du PDF).

Quelles limites faut-il garder à l’esprit ?

Cette étude repose sur les déclarations des personnes interrogées. Les comportements évoqués ne sont donc pas observés directement à partir de données de circulation, de kilométrage ou de dépenses réelles.

Le terme « récemment », utilisé dans la question sur les pratiques adoptées pour des raisons financières, n’est pas associé sur la page correspondante à une période chiffrée précise. Les résultats ne doivent donc pas être interprétés comme une évolution mensuelle ou annuelle.

Les comparaisons entre pays et sous-populations doivent également être replacées dans les marges d’incertitude indiquées par OpinionWay. Certaines analyses régionales du rapport sont par ailleurs signalées comme devant être interprétées avec prudence en raison d’un faible nombre d’interviews.

La mobilité devient un poste d’arbitrage pour les ménages européens

Le sondage OpinionWay pour AramisAuto montre que le coût de la mobilité ne se traduit pas seulement par une inquiétude diffuse. Pour une partie importante des automobilistes interrogés, il accompagne déjà des changements déclarés dans la vie quotidienne.

Réduire les trajets non essentiels, marcher ou utiliser davantage le vélo, reporter l’achat d’un véhicule ou différer certaines opérations d’entretien font partie des principales réponses observées. Cette adaptation intervient alors même que 88 % des répondants considèrent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.

L’étude met ainsi en évidence une tension durable : la voiture reste centrale dans les déplacements de nombreux Européens, mais son coût conduit de plus en plus d’automobilistes interrogés à arbitrer entre mobilité, équipement et autres dépenses.

FAQ sur le coût de la mobilité en Europe

Quelle proportion d’automobilistes trouve que se déplacer coûte de plus en plus cher ?

95 % des 7 036 automobilistes interrogés dans les sept pays européens étudiés déclarent que les déplacements coûtent de plus en plus cher (page 14 du PDF).

Combien d’automobilistes ont réduit leurs déplacements pour des raisons financières ?

64 % déclarent avoir récemment réduit la fréquence de leurs déplacements non essentiels en raison de contraintes financières (page 32 du PDF).

Quels modes de transport progressent le plus face aux contraintes financières ?

54 % des répondants utilisent davantage la marche, le vélo ou d’autres mobilités douces, contre 36 % pour les transports en commun et 13 % pour le covoiturage (page 32 du PDF).

Les automobilistes reportent-ils l’achat d’une nouvelle voiture ?

Oui. 38 % des répondants déclarent avoir renoncé à changer de voiture pour des raisons financières (page 32 du PDF).

Les Européens sont-ils favorables à un bouclier tarifaire sur le carburant ?

92 % des automobilistes interrogés se déclarent favorables à un bouclier tarifaire visant à limiter la hausse du prix du carburant dans leur pays (page 47 du PDF).

Source : Sondage OpinionWay pour AramisAuto, « Les attentes des européens en matière de mobilité », rapport d’étude, mai 2026.